Chaque mois, notre équipe part à la rencontre d’un professionnel de la filière équine afin de mieux comprendre l’utilité de ses missions auprès de nos chevaux.

Pour ce cinquième épisode, c’est le métier de cavalier professionnel que nous allons découvrir.

 


Le métier de cavalier professionnel fait souvent rêver les jeunes passionnées d’équitation. Ce mois ci, je rencontre Julien Vincent; il est cavalier et entraineur en dressage. Il nous parle de son parcours, de ses activités et du fonctionnement de son écurie.

 

 Extraits de propos recueillis par Lolita de Florès, disponibles en intégralité en version audio ci-dessous 🎧

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Peux-tu nous présenter les principales activités et la manière dont elles sont réparties dans la semaine?

” J’ai plusieurs activités, je suis à la base cavalier pro de dressage. Je suis également entraineur titulaire d’un DEJEPS Dressage, et je suis aussi éleveur mais je n’ai qu’une poulinière.

Pour ce qui est de ma semaine type de travail; du lundi au vendredi je suis aux écuries et de 8h à midi je travaille mes jeunes chevaux. Je suis épaulé par Lucie, une ancien stagiaire devenue auto-entrepreneur. De 12h à 14h en général je donne des cours, j’ai des chevaux au travail qui sont montés quelques fois dans la semaine et le we par leur propriétaire à qui je donne des cours. L’après midi je termine de monter les chevaux que je n’ai pas eu le temps de monter le matin et le soir en général de donne à nouveau des cours.  “

 

Est-ce que tu sors en concours ?

” Oui, je prends des chevaux en valorisation, commercialisation pour certains. Je les sors donc en concours en général du mois de mars au mois d’octobre/novembre .

Je fais le circuit Cycle classique jeunes chevaux 4, 5 et 6 ans et j’ai aussi parfois des chevaux d’élèves que je sors jusqu’en épreuves pro.

 

Quelles ont été ta formation et tes expériences pour en arriver là?

À 15 ans j’ai débuté l’apprentissage, j’ai eu un CAP Soigneur d’équidés au rythme d’1 semaine en cours et 3 semaines chez le patron. Cela demandait beaucoup d’investissement personnel et les semaines chez le patron étaient intenses, le milieu de l’équitation est vraiment dur. J’ai ensuite passé un BEPA Activités hippiques.

Lors de mes stages, j’ai d’abord été en écuries de CSO, étant donné que c’est la discipline la plus représentée en France et aussi parce que je pensais que c’était ma discipline de prédilection. 

J’ai ensuite arrêté le milieu du cheval pendant 1,5 ans après avoir été dégouté et surexploité en stage.

J’ai donc cherché un emploi dans un autre domaine, me permettant de passer mon permis et d’acheter une voiture car le salaire en apprentissage ne me le permettait pas. Et finalement après cette pause d’1,5 ans, les chevaux me manquaient trop,  je me suis donc inscrit en BPREA.

Suite à ça, une éleveuse de chevaux hollandaise basée en France m’a proposé d’aller 4 mois en Hollande pour me former; j’y montais les chevaux d’obstacles et de dressage et quand j’ai ressenti les sensations sur les chevaux de dressage, je me suis dit “Ok c’est ça que je veux faire!”. J’ai ensuite travaillé 2,5 ans chez cette éleveuse mais en France pour valoriser en CSO et dressage les chevaux de son élevage.

Un jour j’ai rencontré la cavalière de dressage du Haras de Hus, Jessica Michel, qui m’a dit qu’elle cherchait un cavalier; j’ai donc travaillé au Haras de Hus en tant que cavalier de dressage.  Je montais les chevaux de dressage mais également ceux d’obstacle sur le plat.

J’avais dans l’idée de m’installer et d’enseigner alors après 3 ans au Haras de Hus j’ai été pris pour passer le DEJEPS à Saumur mais le pôle emploi ne prenant pas en charge la formation qui valait 7000€, et n’ayant pas les moyens de la financer, j’ai dû m’installer en tant que cavalier professionnel mais sans activité d’enseignement. Cela fait donc désormais 9 ans que je suis installé à mon compte en tant que cavalier et j’ai finalement pu passer le DEJEPS une fois mon activité de cavalier bien installée.

 

Combien as tu de chevaux et de couples à faire travailler?

“J’ai entre 8 et 10 chevaux au travail et une quinzaine de couples à encadrer rien qu’aux écuries. Ensuite je donne beaucoup de stages dans des structures extérieures, chaque week-end.

 

Quel est le parcours de travail et l’évolution classique d’un jeune cheval dans tes écuries?

” Un cheval de 3 ans, quand il arrive du débourrage, j’essaye de bien l‘acclimater à son environnement. Durant les 15 premiers jours, 4 à 5 séances par semaine. Ce sont de très petites séances , le but est juste qu’il se mette bien dans le cadre de fonctionnement de l’écurie. Ensuite j’espace à 3 sorties montées par semaine et une petite séance de longe.

Il faut savoir qu’aux écuries, les chevaux sont sortis 2 fois par jour; en plus de la sortie montée, travail ou balade, ils vont soit au paddock soit au marcheur.

Pour un cheval de 4 ans, c’est environ 4 séances par semaine, toujours assez courtes.

Après cela dépend des chevaux, ceux qui ont beaucoup d’énergie vont travailler un peu plus que ceux qui en ont moins. Pour ces derniers, je vais les préserver pour qu’ils gardent leur motivation au travail

Au fur et à mesure de l’âge, j’augmente un peu tout en respectant l’échelle de progression, l’intégrité physique du cheval mais aussi son moral. Les chevaux de 6 ans travaillent  4 à 5 fois par semaine en intensifiant certaines séances pour gagner en condition et travailler la répétition des mouvements.

Nous avons aussi la chance d’avoir des extérieurs sympas et sécurisés permettant d’aller en balade souvent.

 

Est ce que tu débourres tes chevaux?

Je l’ai fait auparavant mais j’ai conscience que c’est un métier à part entière et je confie cette étape à Sébastien Jaulin que je connaissais déjà au haras de Hus et qui débourre selon les principes éthologiques.

Il fait cela parfaitement et je récupère des chevaux cadencés, sur la main, désensibilisés à beaucoup de situations et capable d’aller en extérieur. Son travail facilite vraiment mon activité par la suite.”

 

Au niveau du suivi de santé des chevaux de ton écurie, fais tu appel à tes professionnels et le conseilles tu à tes élèves?

” Oui, tout d’abord à 3 ans avant le débourrage je fais faire un check up vétérinaire avec des radios du dos, des cervicales, des membres … afin d’être sûr de ne pas travailler sur une douleur ou une articulation déjà dégradée. Évidemment ils voient également le dentiste avant le débourrage et l’apprentissage du mors.

Sinon pour le suivi de base, chaque année ils ont un check up véto, une visite du dentiste et sont vus par l’ostéopathe 2 fois en moyenne mais c’est aussi en fonction de ce que je ressens.”

 

Pour découvrir la version intégrale de l’interview de Julien, la version audio est disponible en haut de l’article.

 

Vous pouvez retrouver Julien sur  FB: https://www.facebook.com/Ecurie-Julien-Vincent-406864582774517/ 

 

A bientôt pour une nouvelle rencontre d’un “Pro pour nos chevaux”

 

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