Chaque mois, notre équipe part à la rencontre d’un professionnel de la filière équine afin de mieux comprendre l’utilité de ses missions auprès de nos chevaux.

Avec ce troisième épisode, c’est le métier de gérant de pension que nous allons découvrir.

 


 

               

                 En ce qui concerne le logement de nos chevaux, il existe un multitudes de pensions équestres parfois très différentes. De la pension au pré en troupeau à la pension en box. De la pension basique sans aucun service autre que la surveillance et l’abreuvement à la pension proposant des suivis de soins et sportif, chaque pension à ses propres particularités qu’il convient de connaitre avant de faire son choix.

Ce mois-ci, nous allons rencontrer Marianne Blot, qui a ouvert une pension “Graine de sabot”, en famille, au nord de Nantes.

Elle propose une formule d’hébergement en total accord avec les besoins des chevaux ainsi que des services de soins spécifiques, étant elle-même ostéopathe humain et animal.

 

 Extraits de propos recueillis par Lolita de Florès, disponibles en intégralité en version audio ci-dessous 🎧

Quelles ont été tes motivations pour te lancer et ouvrir ta propre pension?

“Ma première motivation a été mes chevaux qui m’ont incité à me poser pas mal de questions sur la détention de chevaux en général. Il y a également une opportunité, celle de faire ça en famille. En effet, on a pu acheter la propriété sur laquelle nous sommes, en famille, et ainsi avoir le terrain et les conditions exactes souhaités pour mes chevaux.”

Tu en avais toujours rêvé ou c’est un projet qui a germé plutôt récemment?

“Comme toutes les petites filles mon premier rêve était d’avoir mon cheval, que j’ai eu à mes 20 ans, et mon deuxième rêve était de les avoir à la maison. Ça s’est réalisé il y a maintenant deux ans.

Qu’est ce qu’il te semblait indispensable à mettre en place avant l’ouverture pour assurer le confort de tes pensionnaires, par exemple les installations nécessaires à leur bien être?

Alors pour moi il y a 3 choses très importantes : qu’ils aient des contacts sociaux, donc qu’ils soient en troupeau. Qu’ils aient du fourrage à volonté donc les pâtures sont bien clôturées pour qu’ils aient accès en illimité à des pâtures tournantes et enfin, qu’il y ait du mouvement. C’est à dire qu’il ne soient pas parqués dans de toutes petites parcelles.

Les premiers aménagements que l’on a fait sont les pistes, afin qu’ils puissent se déplacer avec, au centr,e les paddocks que l’on ouvre en fonction de la pousse de l’herbe.

Ça me fait penser au système du paddock paradise, c’est bien ça?

“Alors on n’est pas tout à fait sur le système du “paddock paradise” qui est sous copyright et pour lequel il n’y a pas d’accès à l’herbe; ils mangent du foin déposé sur piste. Les nôtres ont accès à l’herbe, ils sont également sur piste mais ont accès aux pâtures , à terme il y aura 1,5 kms de pistes à leur disposition.”

Y’a t’il d’autres aménagements prévus pour encore améliorer la pension?

“Tout récemment nous avons stabilisé une zone sur les pistes pour que cet hiver ils aient les pieds au sec. Il nous reste environ 500m de piste à terminer de clôturer maintenant que le débroussaillage est fini. Et récemment nous avons également mis en place la carrière, sur pellets de bois et non sur sable. Il nous reste encore à la clôturer et éventuellement après à la protéger.”

Tu parle de pellets de bois comme type de sol, pour quelles raisons as tu choisi d’installer ça plutôt que du sable?

“Il y a plusieurs raison à ce choix, tout d’abord car on travaille avec un produit local puisque nous avons travaillé avec l’association de la ville “Haie Fay Bocage”.

Ensuite parce que c’est un produit “vivant”, biodégradable qui va petit à petit former un sol souple comme dans les sous bois. Il n’y a pas besoin de l’arroser, ce qui est intéressant en terme d’économie et d’écologie. Enfin, il n’y a pas à ramasser les crottins.

Peux-tu me préciser les aménagements spécifiques à tes fameuses “équipistes”?

“Le but de ces pistes, en plus de leur permettre du mouvement, est de leur proposer un environnement diversifié dont les ressources sont éloignées avec le foin à un endroit, l’eau à un autre. On propose des pierres à sel qui sont différentes les unes des autres à des endroits différents. On a également des zones de sols différents avec une partie remblayée, un coin en sable, également une petite mare. Les pistes comportent aussi beaucoup de haies, variées, importantes pour la nature.”

Quels services spécifiques proposes-tu à tes pensionnaires?

“En plus de l’équipiste, je propose un service “réhabilitation”; étant ostéopathe humain et cavalier, je propose donc un suivi des couples . Je propose également les débourrages selon les méthodes éthologiques. Etant cavalière d’endurance, je peux aussi proposer la valorisation en endurance. Sinon sur place, on effectue nous même les coproscopies afin de pouvoir mettre en place un protocole de vermifugation raisonnée.

Qu’est ce que le soin de “réhabilitation”?

“Il y a le côté ostéopathie mais je pratique également l’algothérapie. Je possède également un appareil de massage par vibro percussions qui permet des maasage plus profonds que simplement à la main. Il est aussi possible de faire un suivi plutôt émotionnel en me servant des outils de l’éthologie et ceux que j’utilise en ostéopathie humaine. Et enfin, on fait intervenir d’autres intervenants en naturopathie, biorésonance, shiatsu etc.”

Combien de pensionnaires as-tu?

“Il y a en tout 12 chevaux dont une jument en réhabilitation et un poulain de l’année.

Leurs âges s’étalent de 3 mois à 25 ans ce qui forme un troupeau équilibré en âge permettant un bon développement pour la pouliche et incite les plus vieux à rester actifs. Au niveau des activités, certains sont montés en endurance, d’autre sont en cours de débourrage, il y a 2 poneys qui font de l’équithérapie mais pas avec moi. Et une jument est là en remise en forme avant de partir dans son futur foyer.”

Pour finir, aurais-tu une belle histoire à nous raconter avec l’un de tes pensionnaires?

“Oui, il y a la jolie histoire de Sally, jument allemande et de sa propriétaire Marie qui est une cavalière particulière puisqu’elle monte en handisport dressageSally est arrivée avec des douleurs importantes au niveau locomoteur et un émotionnel qui n’était pas au beau fixe et Marie était dans le même état que sa jument. On a réussi à sortir Sally de ce mauvais passage, aujourd’hui elle fonctionne bien, elle est en pleine forme et a repris confiance et on a remis Marie à cheval. La dernière belle expérience a été lorsque nous sommes allées en stage ensemble du côté de Laval  avec le simulateur équestre français et Bernard Sachsé. J’ai pleuré pendant 1 heure, de voir Marie à cheval au pas et au trot sur sa jument sous les yeux et les conseils de Bernard Sachsé. L’objectif de Marie va peut-être pouvoir se réaliser à savoir aller au JO en 2024, on croise les doigts pour!”

 

 

Pour découvrir la version intégrale de l’interview de Marianne, la version audio est disponible en haut de l’article.

Vous pouvez retrouver Marianne sur la page Facebook de sa pension “Graine de sabot”

 

A bientôt pour une nouvelle rencontre d’un “Pro pour nos chevaux”

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