Faire naître un poulain est un rêve pour beaucoup de propriétaires d’une jument. Alors quand on a suffisamment de terrain et le budget nécessaire, on peut vite être tenté de se lancer dans l’aventure. Il y a cependant un certain nombre de connaissances et compétences à avoir pour mener à bien ce projet sans que le conte de fées ne se transforme en galère. Petits points sur les choses à savoir: de la recherche de l’étalon à l’éducation du poulain.

Dans cette première partie, nous aborderons le choix des reproducteurs et les différentes techniques de reproduction.

 

SOMMAIRE

  • 1. Ma jument peut-elle pouliner?
  • 2. Le choix d'un étalon
  • 3. Les techniques de reproduction
  • 4. La réglementation

 

1. 🦄 MA JUMENT PEUT-ELLE POULINER?

Avant de se lancer, il faut avant tout prendre en compte l’intégrité de votre jument pour ne pas lui faire subir une gestation, une mise bas et une lactation qui pourraient lui porter préjudice et être risquées pour elle, comme pour le poulain .

 

Son âge

S’il n’y a pas à proprement parler d’âge idéal, il est recommandé de ne pas faire saillir une jument en pleine croissance. En effet, entamer une gestation alors qu’elle n’a pas terminé son propre développement serait prendre le risque que le fœtus puise en priorité dans les ressources de la jument et que cette dernière ait des carences et une croissance non optimale. Pour ces raisons, il est conseillé d’attendre au minimum ses 3 ans avant de la faire saillir.

L’âge maximum dépendra beaucoup de sa santé, de son état général, si elle a déjà pouliné “récemment” ou non : on considère généralement qu’à partir de 12 ans, les risques sont augmentés . De la même manière, une jument ayant des pathologies chroniques, un corps fatigué, une tendance à perdre facilement de l’état… ne pourra probablement pas assurer une gestation et un poulain sans que cela ne représente un risque accru. Dans tous les cas, un avis vétérinaire avant la mise à la saillie est conseillé.

 

Son état de santé

L’état d’embonpoint de la jument peut influer sur la réussite de la saillie: si une jument rachitique aura du mal à démarrer une gestation (et ce n’est pas conseillé pour elle), une jument trop grosse verra son taux de fécondité diminuer également. De même qu’une jument ayant été accidenté en particulier au niveau du bassin ou de la colonne vertébrale ou encore victime de fourbure chronique, ne pourra peut être pas assumer une gestation et un poulinage sans risque majeur. La jument doit être dans une condition optimale pour que l’embryon se développe et que la gestation ne lui soit pas délétère. Votre vétérinaire sera en mesure d’estimer ces points.

A noter que certaines maladies, dont la bien connue Rhinopneumonie, peuvent être la cause d’avortement. Il est donc forcement conseillé de faire vacciner les juments destinées à la reproduction.

 

L’hérédité

Un autre aspect important à prendre en compte est la notion d’hérédité: votre jument est immontable à cause d’une boiterie, d’une pathologie, d’un souci comportemental? Il est alors tentant de la faire pouliner. Mais, est-ce une bonne idée? Un certain nombre de ces problèmes peut être transmis au poulain et il n’est peut être pas raisonnable de faire naître un animal qui aura de grandes chances de développer une maladie et de souffrir. Certaines pathologies héréditaires sont détectables par prise de sang ou analyse des crins, comme la PSSM. Les éleveurs professionnels sont de plus en plus sensibles à ces notions et certains stud book refusent les sujets porteurs comme reproducteur, dans le but, à terme, d’éradiquer ces pathologies de leurs stud book…

 

Le choix de l'étalon ne doit pas se faire sur un coup de tête

2. ♂️ LE CHOIX D’UN ÉTALON

Nous l’avons vu concernant la jument et c’est également valable pour le père de votre futur poulain, il est important de choisir un étalon sain et non porteur de pathologies héréditaires.

Il existe une multitude d’étalons aptes à reproduire à tous les tarifs. Avec quelques recherches, vous devriez trouver un étalon parfait pour VOTRE jument. Il en tentant de se précipiter. Qui ne flasherait pas devant un bel étalon à la robe incroyable et à la longe crinière (qui ne seront pas forcément transmises…)? Ils sont souvent charismatiques et vous aurez vite fait de choisir trop vite.

Plutôt que de se baser uniquement sur le physique ou sur sa proximité géographique, il faut se poser quelques questions avec objectivité. Par exemple: trouver un étalon à proximité de chez soi ou flasher uniquement sur le physique ne doivent pas être des critères principaux. Pensez que c’est un choix sur le long terme, surtout si vous comptez garder le poulain.

Quel est son tempérament? N’a-t-il pas trop d’énergie? Ou pas assez? A-t-il un dos solide, de bons aplombs?

Et surtout, que transmet-il? Comment sont ses poulains? Certains étalons “parfaits” ne transmettent pas forcement leurs qualités, tout comme des étalons présentant des défaut à première vue, ne les transmettront pas spécialement. Il ne faut pas hésiter à mener l’enquête🕵️‍♀️.

La complémentarité avec votre jument est également à prendre en compte: un étalon qui est reconnu pour produire des poulains très grands ne sera pas conseillé pour votre jument d’1m80, si vous comptiez avoir un poulain plus petit qu’elle. Si votre jument connait des faiblesses physiques, il est important de choisir un étalon au bon bilan osteoarticulaires et dont les produits ne sont pas réputés pour avoir les même problèmes..

Il faut aussi prendre en compte les techniques de reproduction proposées qui sont différentes selon l’étalon.

Pour résumer, bien que le “coup de coeur” existe , il ne faut pas oublier de prendre du recul et de raisonner votre choix pour mettre le plus de chances possibles de votre coté de faire naitre un poulain qui vous correspondra (ou sera facilement vendable, si vous ne comptez pas le garder). Mieux vaut un poulain en bonne santé et “facile” qu’une gravure de mode qui souffrira et vous fera souffrir.

 

3. 🔬 LA TECHNIQUE DE REPRODUCTION

Il existe plusieurs méthodes pour provoquer une gestation, elles peuvent dépendre de plusieurs facteurs: la race, la localisation géographique, le choix de l’étalonnier…

 

L’insémination artificielle

Les méthodes par insémination artificielle demandent une action vétérinaire nécessitant un échographe et un suivi du cycle de la jument pour inséminer au bon moment, lorsque l’ovule aura le plus de chance d’être fécondé. Les doses de semences (paillettes) seront commandées à l’étalonnier. 

Pour une IAC (Insémination Artificielle Congelée) il y a possibilité de commander en début de saison de reproduction et de conserver ces paillettes au centre d’insémination. En revanche, lors d’une IAF (Insémination Avec de la semence Fraiche) ou d’une IAR (Insémination Avec de la semence Réfrigérée), il faut que la semence arrive au centre lorsque l’insémination est prévue. Ces conditions peuvent être à prendre en compte lors du choix de l’étalon et/ou de la technique.

Les saillies naturelles

Lors d’une saillie en main, la jument est généralement laissée en pension chez l’étalonnier qui se chargera de lui présenter l’étalon à partir du moment où elle l’accepte (un entier “souffleur” peut être utilisé pour déterminer si la jument est apte à accepter son étalon) et jusqu’à ce qu’elle le repousse (fin des chaleurs). 

Enfin, la saillie en liberté consiste à laisser la jument et l’étalon ensemble. C’est une technique qui apporte de bons résultats au niveau du taux de réussite mais qui  représente le plus de risques de blessures, en particulier si la jument ne connaît pas les saillies naturelles et/ou qu’elle n’est pas prête à accepter l’étalon et que ce dernier ne tient pas compte du refus de la jument ou est lui même agressif.

La saillie en liberté nécessite que la jument soit prête à accepter à accepter l'étalon.

4. 📚 LA RÉGLEMENTATION

 

Au niveau sanitaire, selon la technique employée et le stud book des reproducteurs, des mesures obligatoires peuvent être imposées avec présence de certificats : vaccination, dépistage de certaines maladies (artérite virale, anémie infectieuse, métrite contagieuse, pssm…)

Lorsque la saillie a eu lieu, l’étalonnier doit la déclarer dans les 15 jours ; une attestation et certificat de saillie (ou formulaire de déclaration de naissance) doit vous être délivré. Il permettra de déclarer la naissance au SIRE.

Pour aller plus loin dans vos recherches, vous pouvez vous rendre sur le site de l’IFCE : https://www.ifce.fr/ifce/sire-demarches/avant-et-apres-la-saillie/

 

 

Vous savez désormais quels sont les principaux éléments à prendre en compte pour bien démarrer cette aventure.

Dans la prochaine partie, nous aborderons la gestion de la gestation et le poulinage.

 

A bientôt pour connaitre la gestion de la gestation et du poulinage ! 

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