L’hiver et ses conditions météorologiques mettent à rudes épreuves les pâtures et leurs occupants. Sol, clôtures, foin, eau… : petit tour des principaux points de vigilance pour un hiver bien préparé.

Des clôtures impeccables

La pluie, le vent, le gel et la neige sont autant d’éléments qui peuvent abimer les piquets et les rubans de clôture. 

La première chose à faire est donc de procéder à un état des lieux de la totalité du dispositif:

  1. Vérifiez que les piquets ne sont pas pourris et tiennent fermement dans le sol (et non grâce aux fils…).S’il y a besoin d’en changer, le sol meuble, suite aux premières pluies, facilitera la tâche.
  2. Vérifiez l’état des fils et rubans : coupure des fils métalliques, plastique “grillé” ou verdi par les algues… il faut être attentif au moindre signe d’usure.
  3. Vérifiez que la végétation ne touche pas la clôture et n’hésitez pas à élaguer aux alentours pour anticiper les chutes de branches à cause du vent.

Pensez à vous munir d’un testeur et vérifiez la tension à différents endroits de la clôture.

Plus les rubans sont larges, plus la prise au vent est forte: ils risquent de se détendre et même de faire bouger des piquets mal plantés. Selon votre région, tenez en compte lors de votre choix

Tous aux abris

“Il n’a pas besoin d’abri, de toute façon il n’y va pas”… on entend encore trop souvent cette phrase. Même si peu de chevaux s’abritent en cas de simple pluie, il doit y avoir un lieu sécurisé où ils peuvent se réfugier en cas de vent fort.

Un abri vraiment solide, sur lequel aucun arbre ne risque de tomber en cas de tempête.

Le petit mot de Ca Mikaze:
Si vous ne disposez pas d’un vrai box à la sécurité maximale, je préfère que la porte reste ouverte pour pouvoir m’enfuir si jamais l’abri menace de s’écrouler.

Le coin du foin, piétinage maximal

En hiver, il faut complémenter les chevaux en fourrage. Nous l’expérimentons tous, ces zones deviennent très rapidement de vraies pataugeoires : perte de fers, sabots cassants, gale de boue, blessures entre chevaux (ne pouvant fuir rapidement face aux morsures et coups de pieds) voire même déchirures musculaires, sont les risques dans ces zones au sol très profond et humide.

Pour installer le foin, préférez le point le plus haut de la pâture, si possible abrité. Changer le lieu de place régulièrement n’est pas toujours possible, en particulier lors de l’utilisation d’un râtelier mais, si c’est réalisable, faites-le.

L’installation de dalles en caoutchouc tout autour du foin est une solution pour limiter la détérioration du sol et une cloche à foin ou un râtelier couvert permettra d’éviter le gaspillage.

LE FOIN POSÉ PAR TERRE EST RAPIDEMENT PIÉTINÉ, C’EST UNE SOLUTION UNIQUEMENT SI VOUS POUVEZ APPORTER DE PETITES RATIONS RÉGULIÈREMENT

Stabilisation des sols

L’entrée du pré, l’abri et le coin du foin sont des zones qui se détériorent très vite.

Plusieurs solutions existent pour stabiliser et protéger ces sols fragiles:

  • Remblais type 0/18 avec possibilité de recouvrir de sable,
  • Dalles de stabilisation 
  • Drainage en profondeur en amont,
  • Lorsque c’est possible, une solution consiste à prévoir plusieurs portes d’accès au pré et plusieures zones de foin, 
  • Limiter le nombre de chevaux sur une même zone.

Un point d’eau toujours disponible

Si les chevaux boivent moins en hiver, l’eau n’en reste pas moins indispensable et ne pas pouvoir s’abreuver en quantité suffisante s’avère être très dangereux. Cependant, lors des grands froids, l’eau peut geler. Nous sommes nombreux à devoir casser la glace lors de notre visite quotidienne. Voici quelques astuces pour se simplifier la vie :

  • Placer un gros morceau de bois, flottant à la surface de l’eau. Les chevaux comprendront bien vite qu’il suffit d’appuyer dessus pour avoir accès à de l’eau sous forme liquide.
  • Installer un couvercle sur une partie du bac à eau peut contribuer à isoler la surface de l‘eau et ralentir le gel.
  • Placer le bac dans un lieu abrité du vent.

En ce qui concerne les abreuvoirs automatiques, certains sont étudiés pour fonctionner en dessous de zéro degré mais nécessitent une installation en tuyauterie étudiées pour éviter la coupure d’eau et, dans les cas critiques, un éclatement des tuyaux.

En cas de grands froids, il reste donc conseillé de couper l’arrivée d’eau et de purger les tuyaux (en particulier en fin de journée), sans oublier de mettre un bac à la place.

LA VERIFICATION DU BAC D’EAU EST INDISPENSABLE POUR VERIFIER QUE LE GEL N’EMPECHE PAS LES CHEVAUX DE S’ABREUVER

Pour résumer, il faut garder en tête qu’en saison froide et humide, la gestion de l’intégrité des terrains peut être difficile. C’est en anticipant ce moment que l’on pourra attaquer cette saison pénible dans les meilleures conditions.

Crédit photos: Pixabay/Képhyre

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